Nº 3 de Langue de Serpent, la lettre envoyée à ses abonnés le mercredi 16 septembre 2026. Deux minutes de lecture, pour les dirigeants de PME et les associés de cabinets réglementés : ce qui change vraiment, et ce qui n’est que du bruit.
Le fait de la semaine : Le sursis de Windows 10 expire dans un mois — et le sujet n’est pas informatique, il est assurantiel
Le support de Windows 10 a pris fin en octobre 2025. Beaucoup de structures ont souscrit le programme payant de mises à jour de sécurité étendues, en se disant qu’on aviserait plus tard. Ce programme arrive à son terme à la mi-octobre 2026 pour les particuliers et les très petites structures (source : Microsoft, cycle de vie des produits). Vérifiez la date exacte de votre propre souscription : elle varie selon la formule.
Ce que cela change pour une structure de moins de cinquante personnes : passé cette date, un poste sous Windows 10 ne reçoit plus de correctif de sécurité. Il continue de fonctionner parfaitement — et c’est précisément ce qui rend la situation dangereuse. Rien ne s’arrête, rien ne clignote, personne ne prévient. La bascule est invisible jusqu’au jour où elle ne l’est plus.
Le déplacement à opérer est celui-ci : la question n’est pas « est-ce que ça marche », mais « qui répond si ça ne marche plus ». Le jour d’un incident, votre assureur, votre client et l’autorité dont vous dépendez poseront la même question en des termes différents — non pas si le poste fonctionnait, mais s’il était tenu à jour.
Quoi faire dans les trente jours : comptez vos postes. Pas ceux de l’inventaire comptable — ceux qui sont allumés. Le portable de l’associé qui travaille de chez lui, la machine de l’accueil qui sert de secours, le vieil ordinateur relié au scanner que personne n’a remplacé. Pour chacun : système installé, dernière mise à jour reçue, et données accessibles depuis ce poste. Cette troisième colonne est la seule qui hiérarchise. Un poste obsolète sans accès aux dossiers est un inconfort ; le même avec un accès complet est une exposition.
Trois signaux faibles
- Les campagnes d’hameçonnage visant les professions du chiffre et du droit se concentrent traditionnellement sur les périodes de clôture et de dépôt. Le calendrier de l’automne est connu de tous, y compris de ceux qui l’exploitent — vérifiez que vos collaborateurs savent à qui signaler un doute, et en combien de temps.
- L’authentification à deux facteurs devient la condition d’accès par défaut chez la plupart des éditeurs de logiciels métier. Là où elle reste optionnelle, elle ne le restera pas ; l’activer maintenant coûte une demi-heure, l’activer sous contrainte coûte une journée.
- La question des accès prestataires reste le point aveugle le plus fréquent que nous rencontrons : des comptes ouverts pour une intervention de trois semaines et toujours actifs plusieurs années après. Aucun outil ne le signale. Seule une revue le montre.
L’outil du mercredi : Claude Code — l’inventaire qui s’écrit à partir de l’existant
Employé cette semaine en mission, précisément pour l’exercice décrit plus haut : constituer l’inventaire documenté d’un parc à partir des fichiers de configuration réels, sans ressaisie. Ce qu’il fait bien : il travaille sur vos propres fichiers, là où ils sont, et rend un document structuré plutôt qu’une conversation — l’écart avec un assistant classique est considérable dès qu’il y a du volume. Ce qu’il fait mal : deux choses, et la seconde compte plus que la première. C’est un outil de terminal, dont l’aspect rebutera la plupart de vos collaborateurs. Et surtout, le contenu des fichiers qu’il lit est transmis à son éditeur — sur un parc de cabinet, cela impose de choisir ce qu’on lui montre, et de l’écrire dans une règle avant de commencer. Son prix : compris dans l’abonnement Claude, à partir d’une vingtaine d’euros par mois selon la formule (tarifs affichés sur claude.com à ce jour). Le cas où il ne sert à rien : une question ponctuelle, un fichier isolé — l’interface web fait la même chose sans installation.
Nous déployons ces outils en mission : c’est un intérêt, et il est déclaré ici. Nous n’avons en revanche aucun lien commercial ni programme de partenariat avec leur éditeur.
La ligne d’ancrage
Le risque le plus coûteux d’un système d’information n’est jamais la nouveauté qu’on installe : c’est l’ancien qu’on a cessé de regarder.
La liste de contrôle — comptes dédiés, moindre privilège, journal des paramétrages — fait partie de chaque installation Luceefer — le Pilote.
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