Tout le monde est HPI aujourd’hui. Moi, j’ai passé le test.

La mode du HPI

Ouvrez LinkedIn. Comptez le nombre de profils avec « HPI » dans le titre. « Entrepreneur HPI », « Coach HPI », « Manager HPI atypique ».

C’est devenu un badge. Un accessoire. Un sticker qu’on colle sur son profil comme on mettrait « MBA » ou « ex-Google ».

Il y a dix ans, personne ne savait ce que HPI voulait dire. Aujourd’hui, tout le monde l’est. Curieux, non ?

Je vais vous dire quelque chose qui va en agacer beaucoup : j’ai passé le test. Le vrai. Mensa. Top 1%. Et c’est précisément pour ça que cette mode me consterne.

Ce que HPI veut dire (et ne veut pas dire)

Être dans le top 1% au test Mensa ne veut pas dire que vous êtes plus intelligent que les autres dans la vie quotidienne. Ça veut dire que votre cerveau traite certains types d’informations plus rapidement. Point.

Ça ne fait pas de vous un meilleur entrepreneur. Ça ne fait pas de vous un meilleur parent. Ça ne fait pas de vous quelqu’un de plus intéressant à un dîner.

En fait, si vous ne faites rien de cette capacité, elle est rigoureusement inutile. Une Ferrari dans un garage reste une Ferrari, mais elle ne vous emmène nulle part.

L’intelligence sans direction ne sert à rien

Voici ce que j’ai fait de cette capacité.

J’ai lu l’Éthique de Spinoza pendant trois ans. Pas trois mois. Trois ans. Plus de 50 ouvrages autour de sa pensée — commentaires, critiques, analyses, contexte historique.

Frédéric Lenoir, philosophe reconnu, auteur de best-sellers, a écrit qu’il lui avait fallu 20 lectures pour comprendre l’Éthique. Vingt. Et c’est un professionnel de la philosophie.

Mes parents pensaient que j’allais devenir prêtre. Ils n’étaient pas loin. J’ai fait des retraites bouddhistes. J’ai cherché des réponses dans la méditation, dans le silence, dans les textes sacrés. Et vous savez quoi ? J’ai trouvé plus de réponses chez Spinoza que chez n’importe quel moine.

Pas parce que Spinoza est « meilleur » que le bouddhisme. Mais parce que Spinoza exige un travail intellectuel brutal. Il ne vous donné pas de réponses toutes faites. Il vous force à penser. Et penser — vraiment penser, profondément, douloureusement — c’est l’usage le plus noble qu’on puisse faire d’un cerveau, HPI ou pas.

Le vrai HPI ne poste pas son QI sur LinkedIn

Vous savez comment je sais que la plupart des « HPI LinkedIn » ne le sont probablement pas ? Parce qu’ils en parlent.

Le vrai HPI — celui qui a été testé, qui connaît ses forces et ses limites — ne ressent pas le besoin de le mentionner. C’est comme être riche. Les vrais riches ne disent pas qu’ils sont riches. Ce sont les autres qui le font à leur place.

Le test Mensa ne m’a rien appris que je ne savais pas déjà. Il a confirmé quelque chose que mes professeurs disaient depuis l’école : « Il comprend vite, mais il ne fait pas ce qu’on lui demande. » L’histoire de ma vie.

Diriger l’intelligence

Après Spinoza, j’ai dirigé cette capacité vers l’intelligence artificielle. Pas parce que c’est à la mode. Parce que l’IA est le domaine qui exige le plus de pensée structurée aujourd’hui. Comprendre les modèles de langage, concevoir des prompts efficaces, créer des systèmes automatisés — c’est de la philosophie appliquée.

Spinoza construisait des systèmes de pensée. L’IA, c’est construire des systèmes qui pensent. La connexion est directe.

J’ai aussi voyagé dans plus de 60 pays. Pas en touriste. En observateur. Chaque culture est un système de pensée différent. Chaque pays est un chapitre de l’Éthique vécu en temps réel.

Ken Wilber, dans Une Brève Histoire de Tout, décrit comment les niveaux de conscience s’empilent. Howard Bloom, dans Le Principe de Lucifer, montré comment l’intelligence collective émerge du chaos. Stevenson, dans L’Île au Trésor, nous rappelle que l’aventure commence quand on quitté le port connu.

Le vrai test

Le vrai test d’intelligence n’est pas un QI. C’est ce que vous faites avec votre cerveau quand personne ne regarde.

Lisez-vous des choses difficiles ?
Apprenez-vous des choses qui vous résistent ?
Construisez-vous quelque chose qui demande de la patience ?

Ou scrollez-vous des posts LinkedIn en mettant « HPI » dans votre bio ?

L’intelligence n’est pas un badge. C’est un muscle. Et comme tout muscle, si vous ne l’utilisez pas, il s’atrophie.

C’est quoi le truc le plus difficile que vous ayez appris ?

Je pose la question sincèrement. Pas « quel diplôme avez-vous ». Pas « quel test avez-vous passé ». Quel sujet vous a résisté pendant des mois ou des années avant de céder ?

Pour moi, c’est Spinoza. Trois ans. 50 livres. Et je ne prétends toujours pas avoir tout compris.

Partagez en commentaire le sujet le plus difficile que vous ayez maîtrisé. C’est ça, la vraie intelligence.